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Les 12 décès liés au C.difficile à l’hôpital de St-Hyacinthe ont malheureusement encore fait la preuve que notre cri d’alarme pour la réduction des infections nosocomiales n’a pas encore été entendu par tous.
Seules des politiques rigoureuses et constante de prévention et contrôle de ces infections permettent de garantir la sécurité des soins et la protection des patients.
Certains hôpitaux l’ont compris : Le Gardeur grâce à l’équipe du Dr Maziade, a fait baisser en 3 ans son taux de SARM (une infection grave et en augmentation dont on parle peu) de 90% et de C.difficile en moyenne de 86%.
Qu’attendent les autres hôpitaux pour suivre cet exemple?
Bilan de la situation
Les récentes éclosions de C.difficile à l’hôpital de Saint-Hyacinthe et ailleurs au Québec révèlent que, malheureusement et contrairement aux déclarations officielles, cette épidémie qui dure depuis 3 ans n’est toujours pas contrôlée.
Pourtant, les mesures de surveillance et de prévention existent et ont prouvé leur efficacité, aussi bien pour le C.difficile que pour toutes les infections nosocomiales.
Comme nous l’avons maintes fois expliqué, au moins 50% et jusqu’à 90% de ces infections peuvent être évitées et plusieurs hôpitaux au Québec en ont fait la preuve.
Encore faut-il que ces mesures soient appliquées par le personnel soignant et d’entretien, que celui-ci soit en nombre suffisant, qu’il dispose des moyens nécessaires et que les gestionnaires, à tous les niveaux du système, dégagent les ressources budgétaires à cet effet.
«La surveillance et la prévention des infections nosocomiales sont d’abord un problème de gestion. Elles s’autofinancent et dégagent des économies substantielles qui peuvent être réinvesties pour améliorer l’accessibilité aux soins» (Comité Au coin sur la prévention et le contrôle des infections nosocomiales. Avril 2005).
Non seulement des dizaines de milliers de victimes pourraient être évitées chaque année, mais des dizaines de millions doivent être dépensés pour traiter des infections dont la plupart sont évitables.
Diminuer le taux d’infection nosocomiale, c’est aussi libérer des lits pour d’autres malades et diminuer les séjours lamentables dans les couloirs des salles d’urgence.
Il devient urgent que tous ceux qui oeuvrent dans notre système de santé prennent conscience que la performance d’un hôpital se mesure d’abord à la qualité sécuritaire de ses services.
Il ne sert à rien de poser le dernier modèle, le plus perfectionné, de prothèse de hanche, de genou ou autre intervention, si le malade doit mourir ensuite d’une infection parce que les règles d’hygiène ne sont pas respectées.
Deux leçons doivent être aussi retenues de ces évènements :
- La nécessité d’une véritable politique de transparence
- La nécessité d’une indemnisation équitable des victimes.
Pour une véritable politique de transparence de notre système de santé,
ADVIN continue de réclamer :
1- La divulgation du taux d’infection nosocomiale hôpital par hôpital.
Il ne sert à rien de savoir que le taux de C.difficile a diminué de façon globale au Québec de 60%. Ce que le patient doit savoir, c’est quel est le taux de toutes les infections nosocomiales dans SON HOPITAL.
2- La participation des patients à la prévention pour une meilleure sécurité des soins
Le patient et sa famille ont le droit d’être informés de façon claire et compréhensible sur les risques hospitaliers et les moyens de les prévenir. C’est un droit fondamental mais c’est surtout la meilleure manière de donner confiance au patient et de diminuer le stress causé par la complexité des soins et des techniques médicales actuelles.
3- Une indemnisation sans égard à la faute.
Les infections nosocomiales ne sont pas une complication de la maladie ou de la chirurgie à l’origine de l’hospitalisation. Elles sont la conséquence d’une défaillance du système de soins.
Le fait de contracter une infection à l’hôpital constitue, à l’évidence, une atteinte à la sécurité du patient au sens de l’article 8 de la loi sur la santé et les services sociaux (loi 113). L’hôpital devrait donc être tenu à une obligation de résultats dans la mise en œuvre des mesures sanitaires dont les lacunes sont à la source des infections nosocomiales.
En cas de manquement à cette obligation, il est légitime d’indemniser les victimes pour les conséquences graves qui en résultent : traitements après hospitalisation, perte de revenu, perte d’emploi, invalidité, décès….
Au nom du Conseil d’Administration d’ADVIN, je vous souhaite à tous et toutes de passer des fêtes de fin d’année les plus sereines.
Jacques Besson Président |