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La surveillance et la prévention clefs du contrôle des Infections Nosocomiales
Ecrit par Christine Besson   
11-06-2006

Comme toute activité humaine, le fonctionnement de l’hôpital et la pratique des soins en
général sont des activités à risque parfois très élevé.

Les infections nosocomiales représentent à elles seules 30% des 16 principaux risques ou ‘’évènements indésirables’’ reconnus comme autant de critères de la qualité sécuritaire des soins.

Le contrôle des infections nosocomiales est un problème de gestion des risques. Il n’y a pas de risque zéro, mais toujours un risque résiduel aussi minime soit-il. Son niveau est important à connaître comme critère de la qualité sécuritaire des soins.

La surveillance et la prévention sont les clefs du contrôle des infections nosocomiales.

Actuellement, au moins 50% sont évitables et jusqu’à 80% et plus, y compris pour les plus graves et les plus mortelles, les bactériémies et les pneumonies.


La surveillance

Elle doit s’exercer en continu (journalière) avec pour objectif de déceler et de signaler tout ‘’évènement’’ pouvant affecter la sécurité des patients et nécessiter une enquête épidémiologique pour en déterminer la cause et mettre en place la prévention :

  • Surveillance des sites cliniques d’infection : chirurgical, urinaire, bactériémie etc…
  • Surveillance du personnel à risque (colonisé).
  • Surveillance des foyers potentiels de contamination : locaux, air, eau, matériel médical etc…
  • Surveillance et contrôle des résultats de la prévention.
La prévention


Les méthodes et les protocoles varient en fonction du niveau de risque des unités de soins, des établissements et des patients. Les soins intensifs et la chirurgie sont plus à risque que la médecine ou la psychiatrie. La vigilance doit être plus élevée et les mesures plus contraignantes.

Mais il y a des mesures standard applicables dans tous les cas.


L ‘hygiène des mains est la clef principale de la prévention. On sait depuis 150 ans que se laver les mains avant de soigner un patient peut lui sauver la vie. Au moins 50% des infections nosocomiales sont ainsi évitables.


L’isolement des patients colonisés est une nécessité comme pour les patients infectés. Il doit se faire en chambre individuelle, à la rigueur en cohorte, à condition de ne pas mettre ensemble des patients porteurs de germes différents.

Les mesures ‘’barrières‘’ : blouses, gants, masques … Elles évitent la dissémination des germes dans l’hôpital. Elles protègent les patients à risques (ex. immuno déprimés) d’une contamination par des germes extérieurs (ex. influenza). Elles concernent le personnel en contact avec les malades (soignant, technique, entretien), les patients, les visiteurs.

 

 

 

Le contrôle de l’utilisation des antibiotiques pour limiter le développement de la résistance des bactéries.

Les vêtements du personnel en contact avec les patients sont souvent un vecteur de transmission non seulement dans l’hôpital mais hors de l’hôpital.

Il n’est plus acceptable, actuellement, de rencontrer du personnel en tenue d’hôpital en dehors des établissements. Ou encore de voir du personnel en tenue chirurgicale en dehors des salles d’opération. En arrivant à l’hôpital, le personnel des unités de soins doit quitter ses vêtements et revêtir la tenue hospitalière. Celle-ci doit être nettoyée et désinfectée quotidiennement (Recommandation de la ‘’British Medical Association’’ – Juillet 2005).

L’hygiène et la désinfection régulière de l’environnement font partie des mesures standard de prévention : chambres, literie, poignées de portes, toilettes, tablettes etc… La formation spécifique du personnel d’entretien est indispensable. On n’entretient pas une chambre d’hôpital comme une chambre d’hôtel.

L’implication des patients et du public. Elle est recommandée comme indispensable par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). A cet effet, celle-ci a créé en octobre 2004 ‘’L’Alliance Mondiale pour la Sécurité des Patients’’ qui regroupe des responsables de la santé, des universitaires et des associations de patients.

Aux USA, plusieurs associations de patients, l’union des consommateurs, les assureurs publics et privés demandent la publication des taux d’infections nosocomiales des hôpitaux. Ils demandent aussi aux patients d’intervenir pour garantir leur sécurité, par exemple en demandant au personnel de se laver les mains avant de les soigner.

L’importante Organisation Médicale Mayo Clinic a publié le 2 juin 2006 un document sur les infections au SARM dans lequel elle indique aux patients et à leur famille des mesures de prévention qu’ils doivent prendre.

En France, les associations de patients participent obligatoirement aux différentes structures de lutte contre les infections nosocomiales. Le livret d’accueil que le patient reçoit à son admission mentionne le risque infection nosocomiale de l’hôpital et sa politique de prévention. Il est accompagné d’un résumé de la ‘’Charte de la personne hospitalisée’’.

 
Coûts et bénéfices de la prévention
Ecrit par Jacques Besson   
26-05-2006

Les données les plus récentes montrent que 50% à 80% des infections nosocomiales sont évitables, et que le coût de leur prévention est de 25% à 30% inférieur à celui des traitements.

I / Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (octobre 2005)

Le coût du traitement de 4 ou 5 infections nosocomiales de gravité moyenne équivaut à l’ensemble du budget annuel prévu pour l’achat des produits d’hygiène des mains d’un service d’hospitalisation.

Une infection grave du site opératoire, une septicémie ou une pneumonie nosocomiales entraînent à elles seules des dépenses supérieures au budget annuel d’un hôpital en produits antiseptiques pour l’hygiène des mains.


En Russie, dans une unité de soins intensifs en neonatologie, le coût d’une seule bactériémie nosocomiale équivaut à l’utilisation d’antiseptique pour 3,265 jours d’hospitalisation.

Dans les hôpitaux du CHU de Genève, le coût total de l’hygiène des mains correspond à moins de 1% des dépenses imputables aux infections elles-mêmes pour une diminution de 50% de leur nombre.


II / Aux USA, entre 2003 et 2005, dans l’état du Michigan, 127 unités de soins de 77 hôpitaux généraux de soins aigus ont réduit de 80% les bactériémies nosocomiales et de 45% les pneumonies. Dans les 6 derniers mois de l’étude, 67 des 127 unités de soins intensifs n’ont signalé aucun cas de bactériémie ou de pneumonie. 1,500 décès ont été évités et 166 millions économisés.

Au Pennsylvania’s Allegheny Hospital, les bactériémies ont été réduites de 90% et les décès de 95% avec une économie nette de 1.4 million la première année.

III / Au Québec, le ‘’Comité d’Examen pour la Prévention et le Contrôle des Infections Nosocomiales’’ a évalué en 2005 les bénéfices de la prévention à une économie nette de 44 millions sur un coût total de 180 millions par année et une diminution de 30% des infections nosocomiales seulement.

Avec un taux réalisable de 50%, l’économie nette atteint 70 à 80 millions. S’y ajoutent 600 lits de courte durée libérés avec pour conséquence des urgences soulagées et une diminution des listes d’attente.

L’exemple de l’hôpital Le Gardeur dans la région de Montréal est significatif. La campagne d’hygiène des mains, entreprise en avril 2003, a coûté en un an 170,000 $ pour une économie nette de 811,000$. Les infections au SARM ciblées comme témoin dans cette campagne coûtent annuellement environ 1.5 million $. Pendant cette même période, le nombre total de ces infections a diminué de 50%, celui des bactériémies de 85%, et celui des pneumonies de 69%. La mortalité a baissé de 71%.

Conclusion : L’investissement en prévention s’autofinance et génère des bénéfices significatifs:

  • des dizaines de milliers de victimes et de milliers de morts sont évités
  • les économies réalisées peuvent être réinvesties pour améliorer l’efficacité, la sécurité et la qualité des soins.
  • elles améliorent l’accessibilité aux soins en soulageant les urgences et en diminuant les listes d’attente.



 
L'infection nosocomiale, risque hospitalier
Ecrit par Jacques Besson   
26-05-2006
Les facteurs de risques

La pratique des soins de santé est toujours une activité à risques comme toutes les activités humaines.

L’hôpital, entreprise de distribution de soins, est un milieu à risques souvent très élevés : 25% à 30% des patients en soins intensifs sont victimes d’une infection nosocomiale. Il doit apprendre à gérer ces risques dans un objectif de sécurité, d’efficacité et de qualité. La performance d’un hôpital ne se mesure pas seulement à l’offre des techniques médicales les plus modernes. Elle se mesure d’abord à la qualité sécuritaire des soins. Il ne sert à rien de poser la dernière et la plus performante prothèse de hanche si le malade doit mourir quelques jours ou quelques semaines plus tard d’une infection parce que les règles élémentaires d’hygiène et d’asepsie ne sont pas respectées.

Pour gérer efficacement un risque, il faut apprendre à l’accepter et savoir le reconnaître pour mieux le surveiller, l’analyser et le contrôler. Il faut acquérir une culture d’efficacité, de sécurité et de qualité et se doter des moyens nécessaires.
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LAVAGE DES MAINS: comment faire exactement
Ecrit par Christine Besson   
05-02-2006
"Des mains propres sont des mains sures" - voir la campagne de l'OMS (Organisation mondiale de la Santé).

Les informations sont nombreuses sur les techniques de lavage des mains. Lisez ceci
ou encore visitez cet autre site.

L'impact du lavage des mains sur le taux de réduction des IN, regardez ce tableau

Campagne de lavage des mains lancée en Belgique en janvier 2005.

 
Une souris qui se protège
Ecrit par Christine Besson   
09-05-2006

Les souris classiques sont des sources importantes de transmission des bactéries. Il est impossible de bien nettoyer les modèles classiques.


Il existe pourtant des souris conçues pour les centres de soins permettant ainsi d’éliminer une source de transmission.


Conçues pour être utilisée dans les centres de soin, le modèle de souris mise au point par la firme AquaPoint(TM) présente une surface complètement lisse : aucun fluide ne peut y pénétrer et elle se nettoie sans problème avec tous les produits utilisés couramment dans les hôpitaux.
Utilisable sur la plupart des surfaces, sa couche de silicone rugueuse, sa structure en polycarbone et sa solidité en font un outil durable et de bonne qualité .


De la même manière, les claviers d’ordinateur, devraient tous être tactiles : la surface lisse évitant de loger des bactéries, se nettoie facilement.
Les coûts engendrés par ces équipements plus sophistiqués doivent être vus comme un investissement dans la prévention permettant de diminuer ceux engendrées par les infections.

http://www.fbperipherals.com

 
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