|
Comme toute activité humaine, le fonctionnement de l’hôpital et la pratique des soins en général sont des activités à risque parfois très élevé.
Les infections nosocomiales représentent à elles seules 30% des 16 principaux risques ou ‘’évènements indésirables’’ reconnus comme autant de critères de la qualité sécuritaire des soins.
Le contrôle des infections nosocomiales est un problème de gestion des risques. Il n’y a pas de risque zéro, mais toujours un risque résiduel aussi minime soit-il. Son niveau est important à connaître comme critère de la qualité sécuritaire des soins.
La surveillance et la prévention sont les clefs du contrôle des infections nosocomiales.
Actuellement, au moins 50% sont évitables et jusqu’à 80% et plus, y compris pour les plus graves et les plus mortelles, les bactériémies et les pneumonies.
La surveillance
Elle doit s’exercer en continu (journalière) avec pour objectif de déceler et de signaler tout ‘’évènement’’ pouvant affecter la sécurité des patients et nécessiter une enquête épidémiologique pour en déterminer la cause et mettre en place la prévention :
- Surveillance des sites cliniques d’infection : chirurgical, urinaire, bactériémie etc…
- Surveillance du personnel à risque (colonisé).
- Surveillance des foyers potentiels de contamination : locaux, air, eau, matériel médical etc…
- Surveillance et contrôle des résultats de la prévention.
La prévention
Les méthodes et les protocoles varient en fonction du niveau de risque des unités de soins, des établissements et des patients. Les soins intensifs et la chirurgie sont plus à risque que la médecine ou la psychiatrie. La vigilance doit être plus élevée et les mesures plus contraignantes.
Mais il y a des mesures standard applicables dans tous les cas.
L ‘hygiène des mains est la clef principale de la prévention. On sait depuis 150 ans que se laver les mains avant de soigner un patient peut lui sauver la vie. Au moins 50% des infections nosocomiales sont ainsi évitables.
L’isolement des patients colonisés est une nécessité comme pour les patients infectés. Il doit se faire en chambre individuelle, à la rigueur en cohorte, à condition de ne pas mettre ensemble des patients porteurs de germes différents.
Les mesures ‘’barrières‘’ : blouses, gants, masques … Elles évitent la dissémination des germes dans l’hôpital. Elles protègent les patients à risques (ex. immuno déprimés) d’une contamination par des germes extérieurs (ex. influenza). Elles concernent le personnel en contact avec les malades (soignant, technique, entretien), les patients, les visiteurs.
Le contrôle de l’utilisation des antibiotiques pour limiter le développement de la résistance des bactéries.
Les vêtements du personnel en contact avec les patients sont souvent un vecteur de transmission non seulement dans l’hôpital mais hors de l’hôpital.
Il n’est plus acceptable, actuellement, de rencontrer du personnel en tenue d’hôpital en dehors des établissements. Ou encore de voir du personnel en tenue chirurgicale en dehors des salles d’opération. En arrivant à l’hôpital, le personnel des unités de soins doit quitter ses vêtements et revêtir la tenue hospitalière. Celle-ci doit être nettoyée et désinfectée quotidiennement (Recommandation de la ‘’British Medical Association’’ – Juillet 2005).
L’hygiène et la désinfection régulière de l’environnement font partie des mesures standard de prévention : chambres, literie, poignées de portes, toilettes, tablettes etc… La formation spécifique du personnel d’entretien est indispensable. On n’entretient pas une chambre d’hôpital comme une chambre d’hôtel.
L’implication des patients et du public. Elle est recommandée comme indispensable par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). A cet effet, celle-ci a créé en octobre 2004 ‘’L’Alliance Mondiale pour la Sécurité des Patients’’ qui regroupe des responsables de la santé, des universitaires et des associations de patients.
Aux USA, plusieurs associations de patients, l’union des consommateurs, les assureurs publics et privés demandent la publication des taux d’infections nosocomiales des hôpitaux. Ils demandent aussi aux patients d’intervenir pour garantir leur sécurité, par exemple en demandant au personnel de se laver les mains avant de les soigner.
L’importante Organisation Médicale Mayo Clinic a publié le 2 juin 2006 un document sur les infections au SARM dans lequel elle indique aux patients et à leur famille des mesures de prévention qu’ils doivent prendre.
En France, les associations de patients participent obligatoirement aux différentes structures de lutte contre les infections nosocomiales. Le livret d’accueil que le patient reçoit à son admission mentionne le risque infection nosocomiale de l’hôpital et sa politique de prévention. Il est accompagné d’un résumé de la ‘’Charte de la personne hospitalisée’’.
|