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Témoignages de Jean-Louis Richard
Ecrit par Jean-Louis Richard   
27-01-2006
J’ai été admis à l’hôpital Notre-Dame de Montréal le 19 janvier 2005 pour une opération en vue de guérir un cancer des poumons. L’opération était prévue le 21 janvier. Je me suis présenté en forme et plein d’optimisme, prêt à passer les 10 jours nécessaires. Dès le lendemain de l’opération j’ai commencé à ressentir des maux de ventre, puis la diarrhée a commencé. J’avais très mal aux jambes.

Lundi 24 janvier 2005, on m’a transporté aux soins intensifs. Avec la permission de mon fils, les médecins ont du m’opérer d’une iléostomie (pose d’une poche au niveau de l’intestin) : ils n’avaient pas le choix et je devais avoir cette poche pour une période indéterminée. Selon les médecins, j’ai failli perdre la vie. Ce n’est qu’une semaine plus tard que j’ai appris la situation (j’étais dans un semi-coma), je ne pouvais plus ni marcher, ni parler suite à cette 2è opération.

Ma famille et moi avons appris que j’avais contracté la bactérie C. difficile et que même si on m’avait enlevé une partie du gros intestin, j’étais toujours à risque de contamination et qu’on devait m’isoler, que ma femme et mes enfants devaient se protéger (gants, masque et jaquette, accompagné de lavage des mains contant) pour venir me voir. Ma femme se rappelle qu’elle avait tellement peur de la contamination qu’elle lavait ses mains avec de l’alcool ainsi que le mobilier de la chambre et en plus elle jetait elle-même les seringues usagées qui traînaient et fermait les bouteilles laissées ouvertes. La chambre était toujours en désordre et insalubre.

Pendant cette période, j’ai dû subir également une trachéotomie (ouverture du larynx) pour m’aider à communiquer et à me nourrir.

Après 1 mois et demi (ça devait durer seulement 10 à 12 jours!), j’ai quitté l’hôpital Notre-Dame pour aller en réhabilitation à l’hôpital Juif de Laval. C’est là que j’ai obtenu l’aide psychologique et pratique pour m’habituer à mon nouvel handicap et par la même à ma nouvelle vie : c’est à dire d’accepter vivre pour le reste de mes jours avec un sac pour vider mes intestins à cause de l’insalubrité dans laquelle j’ai subi deux opérations à l’hôpital Notre-Dame.
J’ai vécu 1 mois et demi en réhabilitation à l’hôpital juif de Laval dans la propreté et la rigueur des normes d’hygiène normales pour accueillir les patients.

Le résultat de cette triste aventure est que ma vie n’est plus du tout la même avec ce sac en permanence. Le pire dans tout cela est que malgré mes faibles revenus de $1888/mois, je dois défrayer la majorité des frais qu’engendre cette triste situation. Les coûts reliés à l’achat des sacs et d’autres matériel sont d’environs $1400/année. Le gouvernement en absorbe seulement $600/an. Je considère que ce n’est pas à moi de payer pour les conséquences de la malpropreté dans laquelle j’ai été opéré et soigné à l’hôpital Notre-Dame de Montréal. Tout cela sans compter la perte de jouissance de la vie et la diminution de mes capacités.

En conclusion, j’aimerais que le gouvernement du Québec paie entièrement les factures pour l’achat du sac et du matériel nécessaire à la viabilité de mon handicap permanent et j’estime nécessaire d’être indemnisé pour les dommages que j’ai subit et avec lesquels je dois vivre le reste de mes jours.
 
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