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Témoignages de Silvana Puglia Chamb
Ecrit par ilvana Puglia Chamb   
27-01-2006
Le 5 novembre 2002, mon père a subi une cystoprostatectomie.

Le 7 novembre, son état se détériore et on décide de le réopérer. Le jour suivant sa 2e opération, on nous dit qu’il présente une pneumonie. Des antibiotiques sont administrés. Par la suite, une tuberculose et ainsi de suite. Chaque jour, il y avait un nouveau problème.

L’état de santé de mon père ne s’améliorait toujours pas.Un médecin nous dit d’être patient. Le 19 novembre 2002, on le transfère dans une chambre où se trouvait un autre patient.C’est à ce moment là que débutent ses problèmes de diarrhée.

Le 25 novembre 2002, une recherche de toxine de Clostridium difficile s'avère positive et le traitement est institué. (Cependant, j’ai eu cette information après avoir fait la lecture du rapport que le médecin examinateur m'avait fait parvenir et qui est daté du 24 avril 2003. Aucun médecins ne nous en avaient fait part lorsque le problème avait débuté). Voici d'autres
constatations :

Les médicaments étaient laissés à plusieurs reprises sur la table.

Les infirmières ne prenaient pas la peine de revenir lui donner les médicaments ou bien s’assurer qu’ils avaient été pris. Ma mère a dû le faire elle-même. À plusieurs reprises, ma mère a trouvé les médicaments coincés sous la langue de mon père.
Les cuillères qui servaient à mélanger les médicaments avec de l’eau étaient laissées sur le bord des fenêtres et elles étaient réutilisées à chaque fois, au lieu de se servir d’une cuillère propre, sachant qu’il était sujet à faire des infections facilement. Donc, aucune attention n’a été portée à ce sujet.

Le sac d’urine a été trouvé par terre à plusieurs reprises par ma mère. Même si on me disait qu’il n’y avait aucun danger pour les infections, malgré l’état de santé fragile de mon père, une attention particulière aurait dû être apportée car les planchers étaient toujours sales.
Le nettoyage de la chambre n’était pas effectué régulièrement. Souvent, je trouvais un morceau d’un ruban ou autre article médical par terre pendant plusieurs jours de suite. La salle de bain était toujours malpropre, ainsi que la table de chevet et les barres de lit.

Les draps n’étaient pas changés à chaque jour.

Le plateau de nourriture était mélangé avec ceux des patients non infectés lors de son ramassage.

Le personnel ne respectait pas les règles d’hygiène (port de la jaquette, de gants, lavage de mains, etc.). Les infirmières, médecins ou préposés lavaient très rarement leurs mains. La tenue vestimentaire du personnel ne respectait pas les normes d’hôpital. J’apercevais fréquemment, les médecins se promenant dans les couloirs en tenue d’opération. La crème prescrite pour l’infection causée par la diarrhée n’était jamais appliquée. Ma mère devait toujours l’appliquer. Pourtant nous avions avisé les infirmières à plusieurs reprises. Et des infections se manifestaient sans arrêt (entorocoque) jusqu’au point qu’on ne cessait de lui donner des antibiotiques.

Donc, vers la fin de décembre 2002, voyant que l’état de santé de mon père ne s’améliorait pas et qu’il n’y avait eu aucune coopération de la part des médecins et du personnel, je décide d’appeler la commissaire adjointe à la qualité de service, pour lui faire part de mon insatisfaction, ce qui n'a rien donné. Mon père mangeait de moins en moins. Il refusait toute nourriture car il était incapable de le garder. Il vomissait chaque fois. On décide à la toute fin de le nourrir par intraveineuse. Le corps de mon père était recouvert de plaies de lit, ce qui signifiait qu’il y aurait eu de la négligence.

Le jeudi 30 janvier 2003 vers 8 h 20 on me demande de me rendre à l'hôpital car mon père n'allait pas bien. Lorsque je me suis rendu à l'hôpital, on me dit que l’état de santé a commencé à se détériorer rapidement vers 3 h. Vous rendez vous compte que nous avons été avisés vers 8 h 20 seulement. Et mon cher père est décédé à 9 h.

Et,ce qui est plus frustrant, c’est que j’ai appris plusieurs mois après sa mort, en lisant les rapports que les médecins m'avaient faits parvenir, qu’il avait contracté la bactérie Clostridium difficile mais à ce moment là, aucun médecin n’avait eu l’audace de me le dire.

Je sais que je n'ai aucune chance lorsqu'on se bat contre les médecins et le système de santé car c'est la loi du plus fort…
 
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