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Témoignage de Chantal

Malgré une surdité totale survenue à l’âge de 83, suite à une thrombose cérébrale, mon père menait encore une vie agréable avec ma mère dans une résidence : jouant de l’accordéon, chantant, prenant des marches et partageant bien son quotidien avec le personnel et les autres résidents.

Mai 04 - il est transporté à l’hôpital pour insuffisance cardiaque. On le diagnostique porteur du SARM. Il est placé en isolement, sa médication est modifiée. Puis il retourne à sa résidence.

 

Deux semaines plus tard, les symptômes recommencent, hospitalisation, je choisis une chambre à deux lits afin qu’il se sente moins isolé. Quelques jours plus tard, j’apprends par sa fille que la voisine de chambre souffre du c.difficile. Nous utilisions tous la même toilette. Evidemment mon père est contaminé. Son état empire, douleurs atroces dans le ventre, culottes d’incontinence.

L’enfer commence pour lui.

J’ai vu des choses inacceptables dans cette chambre : défilé de patients atteints du c.difficile venant occuper le lit voisin, personnel qui donne les soins sans gants, sans jaquette. La propreté de la chambre et des toilettes était plus que souvent douteuse.

Juillet 04 : l’état de mon père s’étant tout de même stabilisé, et n’ayant plus le c.difficile, retour à la résidence. Pourtant, mon père présente encore des signes de maladie : crampes abdominales violentes, fatigue extrême. Un matin, il tombe, se fracture deux côtes. Retour à l’hôpital.

 

Tout se dégrade ensuite, de l’hôpital il est transféré dans un CHSLD pour personnes non autonomes. On s’aperçoit alors que la bactérie c. difficile est toujours active et si bien «ancrée» qu’il faut prescrire des antibiotiques avec des conséquences dramatiques sur mon père : hallucinations, délire.

 

Janvier 05 : le personnel nous annonce que l’infection est contrôlée.

 

Février 05 : la saga recommence.

Nous avons été les témoins impuissants et tristes de l’aggravation brutale de la santé de mon père, isolé, diminué, la plupart du temps laissé à lui-même, coupé de ma mère.

La famille, les amis, les collègues, tous nous trouvons cette situation inhumaine et inadmissible.

C’est la raison pour laquelle je me suis engagée dans cette lutte en collaboration avec ADVIN, lutte qui n’aura de cesse que lorsque le gouvernement du Québec se sera doté d’un programme concret de surveillance, contrôle et prévention des ces IN avec un programme équitable d’indemnisation des victimes. A moins que nous soyons tous morts de ces infections d’ici là!

 
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