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ASSEMBLÉE GÉNÉRALE D'ADVIN MARS 2007
Ecrit par Jacques Besson   
05-05-2006

Membres du conseil d’administration présents : Jacques Besson, Christine Besson, Sophie Mongeon, Claude Dumaine.
Absents : Ronald Devito, Christian Sénécal.

Sophie Mongeon a présidé l’assemblée.

1-Ouverture
quorum avec la présence de plus de 5 membres de l’association.
2- Adoption de l’ordre du jour
proposé par Claude Dumaine, secondé par Serge Maheux.
3- Adoption du procès verbal de l’assemblée générale de 2006.
Proposé par Claude Dumaine, secondé par Serge Maheux.
4- Adoption du rapport financier 2006
Voir document en annexe.
Les revenus proviennent des cotisations, dons, subvention du MSSS (5000$) et subvention du fonds discrétionnaire du Ministre de la Santé ( 10 000$).
5- Rapport de la vérificatrice Mme Claudette Lanthier.
En raison de notre budget modeste, il n’est pas nécessaire de procéder chaque année à une vérification approfondie.
Proposition de recourir aux services d’une firme comptable spécialisée dans la vérification d’organismes comme le nôtre. La firme Gosselin et Associés peut procéder à cette vérification plus pointue pour la somme de 1200$. Proposé par Claude Dumaine appuyé par Serge Maheux
6- Adoption des prévisions budgétaires pour 2007
Soit un montant de 42 500$. Proposé par Claude Dumaine, secondé par Serge Maheux.


7- Rapport du président
On constate, malgré tout, un début de changement d’attitude et de pratique dans les milieux de la santé. Il reste encore beaucoup d’opposition. Les hôpitaux n’aiment pas qu’on se mêle de leurs affaires.
ADVIN a été actif cette année au niveau de la sensibilisation et éducation avec plusieurs conférences par le président.

  •  3 conférences en 2006 (2 avec la compagnie Insight à Montréal) et une à la faculté de médecine d’Ottawa). Une autre conférence à Montréal en février 2007.
  • Nous sommes partenaires dans la campagne « Ensemble améliorons la prestation sécuritaire de soins de santé » pilotée par le CHUM et qui travaille avec d’autres partenaires canadiens et en relation avec l’organisme américain IHI (Institute for Health Care Improvement)

A travers ces diverses conférences, et notamment lors de la dernière, on a pu constater que le message général véhiculé par ces conférences correspond tout à fait aux demandes que fait notre association depuis 3 ans. On constate un changement d’attitude vers la prévention pour des actions plus proactives que réactives, avec des objectifs bien ciblés et des échéanciers.
La conférence d’une infirmière en prévention d’un important hôpital écossais a été particulièrement intéressante : une équipe s’est mise en place pour la lutte contre les IN. Son travail a permis de baisser radicalement le taux des IN mais aussi de 50% celui de l’absentéisme du personnel, qui à travers ce travail d’équipe a retrouvé la motivation au travail.

Nos objectifs pour cette année :
Faire plus d’adhérents. Nous sommes passé de 30 membres en 2004 à 297. Nous avons également environ 300 personnes abonnées à notre bulletin ADVIN Info.
Mieux informer et sensibiliser. C’est la pression du public qui seule obligera les hôpitaux à changer leurs pratiques .Quand on apprend que le CHUM -1100 lits- a mis en place 51 comités pour la sécurité des soins, on se rend compte qu’il y a du chemin à faire!
Nos objectifs restent les mêmes :
  • En cas d’IN, garantir les soins après la sortie de l’hôpital.
  • Indemnisation sans égard à la faute pour éviter aux victimes les poursuites impossibles
  • Obtenir que les hôpitaux soient tenus pour responsables d’une obligation de moyen pour prévenir les IN.

8- Présentation de Mme Louise Leduc, infirmière en prévention de l’hôpital Le Gardeur.

L’hygiène des mains

a/ Enquête
Elle reste la mesure de base la plus efficace et la plus facile pour diminuer les IN.
À l’hôpital Le Gardeur depuis 4 ans, kiosques d’information, affiches, campagne pour l’hygiène des mains ont été mis en place avec le soutien du directeur et la sensibilisation des employés.
Est-ce que cela a amélioré la pratique de l’hygiène des mains?
Mesurer le taux de compliance de lavage des mains permet de baliser /valider les actions.
L’observation a été faite dans l’anonymat avec l’accord du personnel. 568 observations de personnel ayant un contact direct avec les patients ont été faites.
On a ainsi pu observer que 54% de ce personnel n’avait aucun geste d’hygiène avant/ou après leur contact avec le patient. On considère comme geste d’hygiène soit le lavage des mains (eau et savon/solution hydroalcoolique) soit le port de gants.
Dans la plupart des études sur ce sujet, tenant compte que lors de ces études le personnel se sait observé, on constate un taux de compliance de 50% en moyenne. On peut donc dire que Le Gardeur se positionne très bien dans le respect de l’hygiène des mains. Une culture de l’hygiène semble s’être instaurée.

Voici quelques détails signifiants :
Personnel sans hygiène des mains :
  • Infirmière 50%
  • Docteurs 59%
  • Physiothérapeutes 36%

b/ Recommandations suite à cette enquête :
• maintenir les activités existantes
• augmenter les niveaux de compliance

Comment changer les comportements?
  • Formation à l’embauche du personnel, et en cours d’emploi
  • Kiosques/affiches/audit.
  • Mettre le patient au cœur de l’action

Ce qui a fait la différence dans la baisse du taux de SARM notamment, c’est l’embauche de 3 employés/24heure qui ont systématiquement lavé les mains des patients. Le patient est au cœur du succès de la baisse des IN.
L’accès au lavage des mains doit être facile et incitatif. La prochaine étape envisagée à Le Gardeur est cette participation active du patient qui sera incité à demander au personnel de se laver les mains avant d’accomplir les soins. Cela demande évidemment une adhésion de l’ensemble du personnel du directeur aux employés. Cela nécessite également du leadership de l’administration pour faire accepter les audits anonymes.
La mise en place de cette stratégie du patient demandeur va se faire dans un service à la fois seulement, avec l’adhésion de toute l’équipe. Il faut également éduquer les patients à demander « s.v.p. lavez-vous les mains ». Des macarons vont être distribués au personnel participant indiquant « demandez-moi si je me suis lavé les mains ». Cette idée de partenariat est un changement majeur dans la culture des soins ou le patient jusqu’alors est vu comme « passif ».

9- Rapport de Me Jean-Pierre Ménard sur l’enquête publique de St.-Hyacinthe.

La médiatisation importante pour cette enquête vient du manque de transparence du système de santé.
21 témoins ont été entendus, dont 3 familles de victimes et notre association. Il est à noter que les victimes devaient être représentées par un avocat, ce qui a entraîné des coûts importants. ADVIN a donné 6000$ pour aider à payer les frais de l’avocat, pour un montant total d’environ 50 000$.
La participation d’ADVIN, requise par la coroner a été un grand pas en avant pour notre association. On reconnaît ainsi le droit des victimes à s’exprimer et l’expertise de notre association dans le domaine.

Le rapport de la coroner ne paraîtra pas avant l’automne. Il pourra au mieux établir un certain nombre de recommandations. Les familles des victimes ne peuvent attendre aucune réparation suite à cette enquête.

Mais au-delà du rapport, que peut-on tirer comme conclusion de cette enquête?

1/l’importance de la prévention
• Malgré une équipe de prévention mis en place à l’hôpital Honoré Mercier, et malgré que cette équipe ait parfaitement bien documenté ses interventions au cours de l’épidémie de C. difficile (juillet à octobre 2006), on constate une absence presque totale du souci de prévention de la part de la direction générale de l’hôpital. Les priorités restent strictement budgétaires. L’exemple de l’achat de bassines réutilisables achetées à la place de bassines jetables est frappant. Les bassines réutilisables sont des sources importantes de contamination, donc d’IN donc d’augmentation des risques et des coûts de traitement. Leur désinfection est plus difficile et demande beaucoup de soin et de temps.

• Les chambres de l’hôpital ne sont pas désinfectées pendant les fins de semaine. Il n’y a pas de protocole de désinfection des chambres occupées par des patients infectés. Le protocole de nettoyage est le même que pour une chambre de malade non infecté.

• On constate également qu’au niveau de la direction de la Santé Publique, il n’existe pas non plus de politique de la prévention.

Comme association, ADVIN doit continuer à demander
la mise en place d’un programme national de prévention avec des objectifs ciblés, mesurables et des mesures incitatives et coercitives à la grandeur du Québec et non plus par hôpital.
L’obligation de l’information aux patients – information claire et précise – et du soutien au patient.

2/l’absence d’imputabilité du système de santé.
• Lors de l’enquête, il est ressorti de manière inquiétante l’absence totale de responsabilité. Le directeur a révélé qu’il avait appris l’existence de la situation au 11è mort. Il en a rejeté la responsabilité sur ses cadres supérieurs. Le directeur général de l’hôpital devrait être personnellement responsable de la qualité des soins de son établissement. Les preuves de l’incurie du directeur général ont été accablantes
• Grâce à cette enquête, on a eu accès à des documents qu’il aurait été impossible d’obtenir dans le cas d’un procès par exemple.
• Malheureusement en cas de recours judiciaire, le rapport du coroner ne pourrait pas être utilisé.

4/au niveau judiciaire, on constate que la philosophie de la Santé Publique est désolante. Il règne un fatalisme non proactif qui rejette la responsabilité sur les établissements de santé.