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La C-Difficile... C Difficile
Ecrit par Julie Morin   
28-05-2007
C’est en septembre 2004 que ma vie à tournée au drame. Je me suis rendue à l’urgence pour une rechute de colite ulcéreuse. J’avais terriblement mal au ventre et j’avais en moyenne 20 diarrhées par jour accompagnées de beaucoup de sang. Évidemment, ce n’est pas idéal comme situation. J’avais bien vu des affiches indiquant des cas d’isolement mais je ne m’étais pas trop inquiétée parce que les maladies nosocomiales n’étaient pas encore très connues, via les média.

Faute de chambres libres, j’ai du prendre mon mal en patience. Je suis demeurée 3 semaines à l’urgence. Imaginez… c’est pas humain. Lors de ma 2e semaine, une infirmière est venue me voir pour m’apprendre que j’avais contracté la C-Difficile. À ce moment, je n’avais aucune idée de ce qu’était cette bactérie. Elle m’a remis une petite brochure disant de bien se laver les mains et hop… elle est repartie me laissant dans le doute le plus total. Que m’arrivait-il ?

   On m’a ensuite transféré dans une petite pièce congelée située dans l’urgence. J’y suis demeurée 1 semaine dans le noir total (pas de fenêtre). Même une personne en santé n’aurait pas pu tolérer.

On m’a finalement trouvé une chambre. On m’a installé avec une autre patiente ayant elle aussi la C-Difficile, une dame âgée. Je paniquais car elle pouvait se promener dans la chambre mais vu sa faiblesse, elle faisait ses besoins dans la « bassine ». La préposée ne la lavait jamais et elle ne se lavait pas les mains non plus. J’étais en état de panique. J’avais extrêmement peur pour les membres de ma famille qui venait me visiter, et pour moi donc. Je suis dans le début de la trentaine, je pouvais me laver et surtout laver mes mains. Les pancartes d’isolement étaient de plus en plus présentes sur l’étage. La moitié des chambres étaient des cas d’isolement.

Les infirmières n’ont JAMAIS porté les « sarreaux » pour éviter de contaminer les patients d’une chambre à l’autre. Elles venaient prendre ma pression avec le même appareil que les patients qui n’étaient pas en isolement. Pire encore, les préposés vidaient ma « bassine » sans même porter de gants. (on sait tous que la C-Difficle s’attrape par contact avec les selles d’un patient contaminé). J’ai failli devenir folle et un grand stress incontrôlable s’est alors emparé de moi. Un sentiment de ne pouvoir rien faire et d’être obligée de subir, sans rien dire.

Un jour où je n’en pouvais plus, j’ai demandé à ce qu’on me donne une chambre privée. J’ai du prendre du Flagyl pour traiter la bactérie mais ce n’était pas suffisant. On m’a alors administré des quantités volumineuses de Vancomycine. Entretemps, me situation avait grandement dépérie. Je perdais trop de sang. J’ai eu droit à 2 transfusions de plaquettes parce que ma santé était en danger. On m’a ensuite dit que mon colon n’allait pas tenir le coût et qu’il faudrait l’enlever et me faire un « sac » permanent. C’était une situation irréversible, on m’enlevait le colon. J’étais terrifiée. Sur des doses importantes de Solumédrol, je priais pour que la situation se stabilise. On m’annonce alors que la C-Difficile était partie. Ouf… mais la partie était loin d’être gagnée. J’avais perdu 40 livres et on m’alimentait avec un pick line.

Cette expérience m’a value un séjour de 3 MOIS à l’hôpital. J’ai failli y laisser non seulement mon colon, mais ma vie. Ma jeunesse m’a sauvée. J’ai ensuite du vivre avec tous les effets secondaires des multiples traitements que j’ai reçu.

J’ai été en arrêt de travail 6 mois au total. Et le pire, c’est qu’il y a risque de rechute si j’ai à prendre des antibiotiques. Si cela n’est pas une situation angoissante, j’aimerais bien savoir comment la qualifier.

Pour terminer, je déplore sincèrement le manque d’hygiène et de précautions prises par le personnel traitant. La situation est triste à voir, surtout chez les patients âgés, ça brise le cœur.

Le manque de personnels dans les hôpitaux ne vient qu’envenimer la situation. Que ce soit les infirmières ou les préposés, il manque d’effectif. C’est toute une révision des procédures qu’il faudrait revoir. Il faut garder espoir, si mince soit elle.

Depuis 2004, je n’ai JAMAIS repris d’antibiotique. J’ai eu à être hospitalisée 3 semaines en 2006. J’ai été TRÈS vigilante. Lorsque j’ai vu que mon voisin était un cas d’isolement au SARM, ne sachant pas exactement ce que c’était, j’ai demandé mon congé et j’ai foutu l’camp. Assez, c’est assez !!!!

 

 
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