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La bactérie de C.difficile est connue depuis 30 ans comme la principale cause de diarrhée après antibiothérapie. En 2001-2002 une nouvelle est apparue au Québec et en Amérique du Nord, plus virulente et plus résistante aux traitements. A l’origine de véritables épidémies, elle s’est répandue depuis en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en France et ailleurs.
Aux Etats-Unis :
- Archives of Surgery (juillet 2007) : 3 millions decolites/an après antibiothérapie dont 15% à 25% sont dues au C.difficile
- Pennsylvanie – 2005 : 20,941 cas et 2,500 décès.
- Ohio – 2006 : 14,306 cas dans 210 hôpitaux et 966 établissements de soins de longue durée.
Grande-Bretagne : La déclaration est obligatoire depuis 2004 mais pour les seuls patients âgés de 65 ans et plus.
- 2004 : 44,483 cas et 1,219 décès
- 2005 : 51,765 cas
- 2006 : 55,681 cas et 4,782 décès
- Selon des données récentes (Health Protection Agency) il y aurait plusieurs milliers de cas chez les sujets de moins de 65 ans. De plus, le nombre de cas acquis dans la communauté (personnes n’ayant pas été hospitalisées depuis un an) est en augmentation : environ 13,000 cas/an.
- 90% des établissements ne disposent pas de chambres d’isolement pour les patients à risques ou infectés, et 40% ne respectent pas les normes d’hygiène et de prévention (Health Care Commission).
France – (Institut National de Veille Sanitaire. INVS avril 2007)
- Les premiers cas de la nouvelle souche sont apparus en janvier 2006 dans la région Nord – Pas de Calais. En avril 2007, l’épidémie était considérée comme maîtrisée : au total 862 cas ont été signalés dans 164 établissements (hôpitaux et centres de longue durée). 108 patients sont décédés. 82% des cas étaient d’origine nosocomiale, 14% d’origine communautaire, 4% d’origine inconnue.
Au Québec – Le nombre exact de victimes et de décès depuis le début de l’épidémie en 2001-2002 est inconnu.
- Selon les données de Med Echo, le nombre de cas a augmenté de 60% entre mars 2000 et avril 2004 : 3,262 cas et 398 décès (12%) en 2000-2001 ; 7,004 cas et 1,270 décès (18%) en 2003-2004.
- Depuis août 2004, l’Institut National de Santé Publique (INSPQ) publie uniquement le taux d’incidence par 10,000 patients/jours (1) de 94établissements de soins aigus. La situation en soins de longue durée n’est pas surveillée. Le nombre de décès et de complications (colites pseudo-membraneuses) n’est pas connu.
- Il y a une grande disparité entre les établissements quels que soient leur région, le nombre de lits, l’âge moyen des patients etc…
- Un petit nombre d’hôpitaux contrôlent l’épidémie avec des taux de moins de 5/10,000 patients/jours depuis plusieurs mois. La plupart ont des taux jusqu’à 4 fois supérieurs avec des éclosions répétées. Pourtant, tous font face aux mêmes contraintes budgétaires et de pénurie de personnel.
- Au Centre Hospitalier Pierre Le Gardeur, le nombre de cas a diminué de 74% entre 2003 et 2006. Au Centre Hospitalier Universitaire de Sherbrooke, le nombre de cas est passé de 360 en 2003-2004 (15.1/1,000 admissions) à 61 en 2006-2007 (2.3/1,000 admissions) soit une diminution de 85%.
(1) 1,000 patients séjournant en moyenne 10 jours : 10,000 patients / jour |