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Depuis l’apparition en 2001 des premiers cas d’infection à la nouvelle souche de C.difficile aux Etats-Unis et au Québec, l’épidémie s’est répandue ailleurs dans le monde, en particulier en Europe. On sait aussi maintenant que le nombre de patients asymptomatiques colonisés par la bactérie est plus important qu’on ne le croyait. Ces personnes colonisées sans symptômes d’infection clinique sont une source de contamination pour leur environnement.
La situation au Québec :
Contrairement aux Etats-Unis ou à l’Europe, six ans après le début de l’épidémie, nous ne connaissons pas le nombre exact de victimes et de décès. L’Institut National de la Santé Publique (INSPQ) publie seulement l’incidence par 10,000 patients / jour pour les 94 hôpitaux de soins généraux et spécialisés (CHSGS). Les établissements de soins de longue durée ne sont pas pris en compte.
Quelques rares hôpitaux ont publié leur nombre de victimes et de décès à l’occasion d’une éclosion. C’est le cas par exemple du CH H. Mercier de Saint-Hyacinthe qui a donné lieu à une enquête du Coroner.
Encore moins acceptable, l’INSPQ ne publie pas les succès obtenus par certains hôpitaux dans le contrôle de l’épidémie, ce qui laisse croire qu’elle est une fatalité qu’il faut accepter et permet de rejeter toute responsabilité. C’est ainsi que le nombre de cas de C.difficile a diminué depuis 2003 de 83% au CHU de Sherbrooke et au CH Pierre Le Gardeur. Au CSSS des Sommets à Sainte Agathe des Monts, le taux d’incidence est passé de 13.9 à 4.4.
Pourquoi ces hôpitaux et pas les autres ?
La situation aux Etats-Unis :
Selon le journal «Archives of Surgery» (juillet 2007), le nombre de cas de C.difficile serait d’environ 3 millions / an. En Ohio, 14,300 cas et 473 décès ont été signalés en 2006. En Pennsylvanie, il y a eu 20,941 cas en 2005 avec une mortalité de 8.7%.
Un article récent du «Clinical Infections Diseases» (15 octobre 2007) signale que 51% des patients asymptomatiques (sans symptôme de diarrhée) sont colonisés par la souche virulente de C.difficile, et constituent un foyer de contamination pour leur environnement.
La situation en Grande – Bretagne :
D’après le Ministère de la Santé et la «Health Protection Agency», le nombre de cas de C.difficile est passé de 44,488 en 2004 avec 1,219 décès à 55,681 cas et 3,807 décès en 2006. Et cela uniquement chez les patients de 65 ans et plus. Plus de 13,000 de ces cas de 2006 seraient d’origine communautaire. Selon des données plus récentes de «The Complete Germ Map of Britain», il y aurait plus de 6,800 cas chez des sujets de moins de 65 ans.
En même temps, on annonce que 90% des hôpitaux manquent de chambres individuelles pour isoler les patients à risque, et que 40% ne respectent pas les mesures d’hygiène de base pour prévenir les IN.
La situation en France ;
Selon l’Institut National de Veille Sanitaire (INSPQ), l’épidémie a débuté en janvier 2006 dans le nord du pays. En avril 2007, elle est considérée comme maîtrisée. Au total, 862 cas et 108 décès ont été signalés dans 159 hôpitaux et 5 maisons de retraite. 14% des cas étaient d’origine communautaire.
La situation dans le reste de l’Europe :
En juin 2007, le système Eurosurveillance a publié la situation de l’épidémie dans l’ensemble des pays de l’Union Européenne. |