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RÉSISTANCE DES GERMES MICROBIENS
Ecrit par Jacques Besson   
26-12-2007

La résistance des germes microbiens aux traitements : un problème prioritaire de santé publique de plus en plus préoccupant.

 

La plupart des IN sont maintenant provoquées par des organismes devenus multirésistants aux divers traitements antimicrobiens. De plus ces germes, autrefois hospitaliers, se retrouvent de plus en plus dans la communauté chez des sujets sans contact préalable avec le milieu hospitalier.

 

On sait maintenant que cette résistance dépend des mutations génétiques se transmettant dans les populations de bactéries. Lorsqu’un germe résistant est introduit dans une unité de soins, il devient rapidement et facilement plus virulent et se répand dans tout l’établissement. Si les unités de soins intensifs (USI) sont généralement considérées comme particulièrement à risques, de plus en plus d’infections à ces germes résistants sont rapportées en dehors de ces USI.


On parle le plus souvent du Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM) ou du Clostridium difficile (C.difficile), mais beaucoup d’autres germes sont aussi devenus résistants aux traitements et provoquent régulièrement des éclosions d’infections : divers streptocoques, klebsiella, entérocoques, Pseudomonas aeruginosa, Escherichia coli (E. Coli), Acinetobacter baumannii… mais aussi des virus. En 1990, 1% seulement des entérocoques étaient résistants à la vancomycine (ERV), ils sont maintenant 28.5%. Pour le Staphylococcus aureus, 20% étaient résistants en 1990, il y en avait plus de 60% en 2003 dans certains pays. Les infections au SARM communautaire sont de plus en plus nombreuses aux Etats-Unis et cette souche américaine est passée maintenant en Europe et d’autres pays.

 

La complexité et la multiplication des techniques de soins entraînent des déplacements fréquents des patients dans l’hôpital, ce qui favorise la dissémination de ces souches résistantes à partir de patients infectés ou simplement colonisés qui sont de plus en plus nombreux. De même, les transports de patients d’un établissement à l’autre, les soins ambulatoires favorisent la dissémination de ces infections. Et les voyages en avion de plus en plus nombreux permettent aux personnes simplement colonisées de transporter ces germes d’un pays à l’autre en quelques heures seulement.

 

Seule une politique rigoureuse de surveillance et de prévention peut permettre de contrôler ces infections. Elle implique tous les intervenants du système de santé, des soignants aux gestionnaires et aux décideurs. Elle implique aussi tous les patients et leurs familles, tout autant que l’ensemble de la population. C’est une nouvelle approche dans la gestion des soins de santé, un véritable changement de culture. L’aggravation régulière depuis plus de 30 ans du nombre et de la gravité des risques associés aux soins (risques nosocomiaux) met en danger les améliorations obtenues depuis 100 ans en médecine. La sécurité des soins, gage de leur qualité, est maintenant la priorité de toute politique de santé publique.

 
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