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L’augmentation régulière du nombre d’accidents médicaux, et en particulier des IN remet en question la gestion traditionnelle des soins de santé.
Depuis ces dernières décennies, l’augmentation constante du nombre et de la gravité des risques associés à la pratique des soins de santé (risques nosocomiaux) menace les progrès réalisés depuis 100 ans dans l’amélioration de ces soins.
Le risque infectieux en particulier (infections nosocomiales) que l’on cru contrôlé il y a 60 ans avec la découverte des antibiotiques, est à nouveau un risque majeur de santé publique par ses conséquences humaines, sociales, économiques et son impact sur le fonctionnement des établissements (séjours prolongés, traitements plus longs, plus difficiles et plus coûteux, surcharge de travail du personnel etc…). L’augmentation régulière du nombre et de la virulence des germes responsables des IN explique l’importance des IN, mais aussi l’apparition et le développement dans la population de ces souches résistantes.
La sécurité des patients et la qualité des soins sont devenues une priorité majeure des politiques de santé dans tous les pays. Et depuis plusieurs années, on assiste aux Etats-Unis et en Europe, à une réforme des politiques de santé centrée non plus seulement sur la performance des techniques médicales et leurs résultats cliniques, mais sur la capacité d’offrir des services sécuritaires et de qualité tenant compte d’abord des droits des patients, de leurs besoins et de leurs attentes.
Ces réformes s’appuient sur l’évaluation des performances à tous les niveaux, en faisant appel de plus en plus à la participation des usagers et de leurs associations.
Pour le Canada, une première évaluation de la qualité des services de santé vient d’être publiée le 21 janvier 2008 sous le titre :
«Euro-Canada Health Consumer Index» par deux organismes :
Health Consumer Powerhouse : organisme européen d’analyse et d’évaluation des politiques de santé.
et Frontier Center for Public Policy : organisme canadien (Winnipeg – Manitoba) d’analyse et de réflexion des politiques publiques.
Il s’agit d’un tableau de bord comparatif de la qualité des systèmes de santé du Canada et de 29 pays européens (27 de l’Union Européenne plus la Suisse et la Norvège). Il ne tient pas compte du caractère privé ou public du financement et / ou de la gestion des systèmes de santé. Son propos est d’informer les usagers sur la qualité des services qui leurs sont offerts pour faciliter leur choix et leur donner les moyens de faire pression sur les organismes ou gouvernement, pour améliorer ceux qui ne les satisfont pas.
Il analyse 5 domaines et 27 critères de performance :
Droits et information des patients (9 critères : loi sur les droits des patients, accès au dossier médical, droit à l’avis d’un deuxième médecin etc…)
Temps d’attente pour l’accès aux soins (5 critères)
Résultats cliniques (5 critères dont les IN)
Niveau de couverture des soins (4 critères)
Produits pharmaceutiques (4 critères : taux de remboursement – information sur les médicaments…).
Les conclusions de cette étude sont les suivantes :
Retard du Canada à mettre en place un système d’évaluation objectif de la qualité des soins de santé.
Le Canada affiche un bon résultat clinique pour la mortalité après infarctus du myocarde et les morts évitables / 100,000 habitants. Les résultats sont moyens en ce qui concerne les autres critères, en particulier les IN.
Son score est également moyen ou mauvais dans les quatre autres domaines évalués. Par exemple, pour les droits et l’information des patients, il a la plus mauvaise note – 1 – pour 5 des critères, et une note moyenne pour les 4 autres. La note est également mauvaise pour 4 des 5 critères d’accès aux soins.
Au total, il se classe 23ème / 30, avec 550 points / 1000, loin derrière l’Autriche, les Pays-Bas, la France, la Suisse et l’Allemagne qui occupent les 5 premières places avec des scores autours de 800 points / 1000.
Ses dépenses en santé / habitant sont parmi les plus élevées après la Suisse, la Norvège et le Luxembourg.
Enfin, il occupe le dernier rang – 30ème / 30 pour le rapport qualité / prix de son système de santé. Il est loin derrière l’Estonie qui occupe le premier rang, suivie de l’Autriche, des Pays-Bas, de la Finlande, de la France et de l’Allemagne. La Grande-Bretagne dont le système de santé est du même type que celui du Canada occupe la 26ème place. La Bulgarie, la Pologne, la Lettonie font à peine mieux que le Canada.
La conclusion de l’étude est que le Canada peut améliorer son système de santé dans plusieurs domaines, en particulier les droits et l’information des patients, l’accès aux soins, les listes d’attente. Mais qu’il n’a pas besoin d’une augmentation des budgets mais d’une réforme de son système de santé. |