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Tout le monde est amené un jour ou l'autre à fréquenter un hôpital.
Saviez-vous qu'on risque plus de mourir d'une bactérie contractée à l'hôpital  que d'un accident de la route?

C. difficile, SARM (staphylococcus aureus résistant à la méthicilline) sont des infections nosocomiales et il y en a d'autres... Chaque année au Québec, 90 000 personnes en sont victimes dont au moins 4000 meurent.

 

Au moins 50% de ces IN pourraient être évitées par des mesures de contrôle et de prévention de base comme le lavage des mains et l'hygiène des hôpitaux.

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DAVANTAGE DE BACTÉRIES MULTIRÉSISTANTES
Ecrit par Christine Besson   
04-05-2008

Le nombre de bactéries multirésistantes aux traitements est en augmentation constante mais le phénomène peut-être contrôlé.

L’Agence de Santé Publique du Canada a publié en mars 2008 une étude sur l’évolution du SARM dans les hôpitaux canadiens. En 2006, 2300 personnes sont mortes d’une IN au SARM. La bactérie a été retrouvée chez plus de 29,000 patients hospitalisés. 11,700 présentaient une infection, les autres – 17,300 – étaient colonisés, porteurs de la bactérie sans symptômes d’infection évolutive. Autre constatation, les taux de SARM sont en augmentation constante dans les hôpitaux canadiens.

 

Aux Etats-Unis, les cas de SARM ont augmenté de 119% entre 1999 et 2005.

 

En janvier 2008, le système européen de surveillance des infections «Eurosurveillance» a publié une étude sur l’augmentation en Grèce des IN dues à une souche résistante de la bactérie Klebsiella pneumoniae, dans les unités de soins intensifs. Le taux d’incidence est passé de 1% en 2001 à 20% en 2006. Les Klebsiella sont des bactéries commensales présentes habituellement dans le tube digestif et l’appareil pulmonaire de l’homme et des animaux. Klebsiella pneumoniae est responsable d’IN dans environ 3% des cas. Avant la Grèce, cette souche résistante a été signalée en Israël où plusieurs centaines de patients ont été infectés en 2006 dans les hôpitaux avec plusieurs dizaines de décès.

 

En 2007, Eurosurveillance signalait l’augmentation de souches résistantes d’Escherichia Coli, communément appelée E.Coli. Dans plusieurs pays d’Europe, l’incidence est passée de 1% à 25%. Des éclosions d’infections à cette souche d’E. Coli ont été signalées dans la population en dehors des hôpitaux.

 

L’augmentation progressive depuis plus de 30 ans du nombre et de la gravité des souches bactériennes devenues résistantes aux traitements est un phénomène biologique normal appelé pression sélective de l’environnement ou sélection naturelle. Dans un milieu hostile – les antibiotiques en sont un pour les bactéries – seuls survivent et se reproduisent les individus capables de développer des gênes de résistance à ces agressions. Avec la découverte des antibiotiques, on a cru avoir vaincu les maladies infectieuses. Mais on a sous estimé le pouvoir évolutif des bactéries pathogènes ce qui a entraîné une attitude de négligence vis-à-vis de la prévention, de la recherche et développement dans ce domaine, et une confiance aveugle dans le pouvoir des antibiotiques. En même temps, on assiste depuis plus de 10 ans à l’apparition dans la population de ces souches résistantes jusque là uniquement hospitalières.

 

Les unes sont passées des hôpitaux dans la population, transmises par les patients, les visiteurs et le personnel soignant. D’autres sont apparues dans la population sans contact hospitalier préalable. Elles sont appelées «communautaires». Le SARM en est l’exemple. Aux Etats-Unis, plus de 60% des infections au Staphylococcus aureus dans la population sont dues à une souche de SARM communautaire, que l’on retrouve maintenant en Europe. Il en est de même pour le C.difficile. Dans une étude récente de février 2008 aux Etats-Unis, 34% des cas de C.difficile dans les hôpitaux étaient d’origine communautaire. Le taux en 2006 était de 14% en France. La population est ainsi devenue un des principaux réservoirs de bactéries résistantes à l’origine d’IN.

 

Cette situation n’est heureusement pas irréversible. Nous disposons des moyens et des outils pour diminuer le nombre de souches résistantes. En Europe, les dernières données statistiques font état d’une diminution de 38% des cas de SARM en Slovénie et en France.

 
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