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Nous disposons actuellement de moyens de plus en plus efficaces qui permettent de réduire d’au moins 50% et jusqu’à 90% et plus le nombre d’IN.
C’est le cas en Europe où, par exemple, en France, le taux d’incidence des IN est passé de 7.6% en 1996 à 4.9% en 2006.
En Suisse, dans les hôpitaux universitaires de Genève, il a diminué de 16.9% en 1994 à 7.2% en 2004. Et la campagne d’hygiène des mains de 2006 a permis une nouvelle diminution de 25% en seulement 4 mois. En Belgique, également, en 2003, 4.2 patients / 1,000 étaient victimes d’une IN (environ 110,000 par an) ; en 2007, ils n’étaient plus de 2.2 / 1,000.
Aux Etats-Unis, plusieurs centaines d’hôpitaux ont réduit de jusqu’à 90% leur taux d’IN au SARM. Certains n’ont signalé aucune bactériémie (infection du sang) ni aucune pneumonie sous ventilation assistée pendant des périodes de plusieurs mois pouvant aller jusqu’à 2 ans et plus.
Au Québec, le Centre Hospitalier Universitaire de Sherbrooke, le Centre Hospitalier Pierre Le Gardeur ont réduit de 66% et de 93% l’incidence du SARM et de 83% et 73% celle du C.difficile.
Tous ces succès sont dus à une nouvelle politique de gestion des risques basée sur le principe de «tolérance zéro» pour le non respect des mesures de prévention des risques liés aux soins de santé. Pour les IN, cela signifie viser «l’objectif théorique de zéro IN». C’est la politique recommandée par l’Association des Professionnels en Contrôle des Infections (APIC) et l’ensemble des associations de spécialistes en prévention des risques en santé.
Tolérance zéro veut dire traiter chaque IN comme si elle n’aurait jamais du se produire, en refuser la fatalité pour au contraire en rechercher les causes dans l’objectif d’une amélioration continue de la qualité sécuritaire des soins.
Cela veut dire mettre en place une nouvelle infrastructure de surveillance, de prévention et de contrôle des IN à partir de l’ensemble des mesures dont l’efficacité est prouvée cliniquement et / ou scientifiquement. Tout en sachant que le risque infectieux associé aux soins sera toujours présent, mais que l’on peut et qu’on doit toujours faire mieux.
Cela veut dire, finalement, rendre chaque intervenant responsable de la lutte contre les IN, y compris les patients, leurs proches et le public en général. La participation des usagers à la gestion des risques liés aux soins est une des clefs de l’efficacité de cette gestion.
En Santé Publique on a toujours eu comme objectif de prévenir et d’éradiquer si possible les risques infectieux tels la tuberculose, la variole et autres maladies infectieuses. Pourquoi ne pas faire de même pour les IN et viser l’objectif zéro IN, même si nous ne pouvons pas encore toutes les prévenir parce que nous ne sommes pas encore capables de contrôler tous les facteurs de risques, mais aussi à cause de la lenteur à mettre en place les mesures de prévention et de contrôle dont l’efficacité est prouvée et dont les coûts sont de loin largement inférieurs aux coûts économiques, humains et sociaux de ces infections. La lutte contre les IN c’est d’abord un problème de gestion, un problème de culture. |