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LA QUALITÉ DE L'AIR DANS LES HÔPITAUX |
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Par Ghislain Daigle, M.Sc., ing
La qualité de l'air dans les hôpitaux est un élément très important
pour la garantie de
la sécurité des soins. Les bactéries se
transmettent ainsi:
- par contact
d'une personne à l'autre (avant tout les mains du personnel soignant)
- par contact avec toutes les surfaces planes (certaines souches de
bactéries peuvent rester actives pendant plusieurs semaines sur une
surface plane telle que les ridelles du lit, le clavier de l'ordinateur
du poste infirmier etc)
- par l'air ambiant.
Chapitre #1: référence de base en qualité de l’air
L’être humain en tant qu’organisme biologique a débuté
son évolution directement dans la nature comme tous les animaux
sauvages. Il ne vivait pas dans les villes, ni dans des bâtiments
étanches.
Étant un animal dit intelligent, il adapta son milieu pour se protéger
du froid et du chaud, des prédateurs, et des autres contraintes
naturelles.
Dans un premier temps, ce fut l’aménagement de grottes, par la suite la
construction de huttes et tout autre abris.
Mais
ces abris, n’étaient pas très étanches à la circulation de l’air.
Pour répondre aux exigences économiques et énergétiques, nous
développons et construisons aujourd’hui des bâtiments de plus en plus
étanches. Dans ces conditions, nous nous éloignons des conditions dans
lesquelles l’humain a évolué et s’est adapté pendant des millions
d’années.
Pour compenser l’étanchéité de ces bâtiments, nous installons
des équipements de ventilation pour permettre des changements d’air et
maintenir le confort des occupants. La conception des systèmes de
ventilation devient donc un paramètre important pour obtenir une
qualité de l’air adéquate.
Pour
obtenir une qualité de l’air équivalente à la nature, il est faux de
croire que les systèmes de ventilation pourront un jour être
équivalents en qualité de l’air provenant d’un milieu naturel. La
ventilation est donc un compromis.
Comme référence technique, les anciennes exigences de
changement d’air qu’exigeait la CSST (Commission de la Santé et de la
Sécurité des Travailleurs) étaient une admission d’air frais
(extérieur) en proportion du nombre d’individus présents dans un local.
Cette quantité était de 2,1 litres/sec/personne. Aujourd’hui ces normes
ont été modifiées. Elles sont de 2,4 litres/sec/personne. Depuis 1989
l’ASHRAE (American Society of Heating, Refrigerating and
Air-Conditionning Engineers, Inc.) a émis des recommandations plus
élevées de taux d’admission d’air frais. Aujourd’hui en 2005
(ANSI/ASHRAE Standard 62.1-2004) nous avons des recommandations passant
de 2,5 litres/sec/personne à 15,0 litres/sec/personne selon le type
d’activité dans un local.
A titre d’exemple, une chambre d’hôpital exige
13,0 litres/sec/personnel. Avons-nous vraiment ces taux de changement d’air dans les vieux hôpitaux?
Nous retrouvons aussi dans des applications
industrielles des changements totaux d’air des bâtiments qui sont de 2
à 4 changements d’air à l’heure. Dans certains cas, ces changements
globaux d’air des bâtiments permettent des taux d’admission d’air
extérieur supérieurs aux autres exigences de base (litre/sec/personne).
Il faut aussi observer que les normes de l’ASHRAE ne font pas office de loi ou d’obligation.
Elles sont applicables à la construction de bâtiments neufs sous
exigence particulière de la CSST. De façon générale, la seule
obligation de base du constructeur ou du propriétaire est le taux
minimum de 2,4 litres/sec/personne et la loi à cet égard n’est pas
rétroactive. Les vieux bâtiments n’ont aucune obligation de modifier
leurs conditions de ventilation afin de respecter les nouvelles normes.
La seule possibilité légale permettant une augmentation du taux de
changement d’air dans les vieux bâtiments est une intervention directe
de la CSST qui agit seulement par plainte, par accident ou problème de
santé.
Outre la CSST et sa quantification d’air extérieur, les
organismes publics de protection de la santé ont une référence de base
en qualité de l’air intérieur.
L’air intérieur doit être de
qualité égale à l’air extérieur entourant le bâtiment. C’est une
exigence logique, mais difficilement mesurable ou comparable.
Comme on peut l’observer, l’admission d’air extérieur du
bâtiment est une donnée importante de la qualité de l’air intérieur.
Mais, quelle est la qualité de l’air extérieur dans un centre ville
(pollution par le transport, par les émissions de fumées, par les
évacuations d’airs viciés, smog de ville, etc.…) ou dans un milieu
industriel ( pollutions par des émissions industrielles)?
Est-ce
que l’augmentation de la quantité d’air frais suggérée par l’ASHRAE et
la CSST est une bonne alternative, si l’air frais provenant de
l’extérieur est fortement pollué?
Ghislain Daigle, M.Sc., ing.
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Documentation du Ministère de la santé du Québec sur la qualité de l'air dans les hôpitaux : cliquer
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