Le Dr Manoj est médecin spécialiste en infection et membre de l'organisation caritative américaine HealthyMemphis,dont la mission vise à améliorer les soins de santé.
Dans une lettre publiée dans un journal en ligne, le Dr Manoj nous explique avec clarté comment il a compris que la lutte contre les infections nosocomiales est importante et nécessaire pour le bien-être et la guérison des patients.
En tant que praticien, il considérait les infections contractées par les patients dans l'unité de soins intensifs où il travaille, comme une conséquence banale et normale: si on sauve le patient d'une crise cardiaque, qu'importe qu'il contracte une infection nosocomiale. Cela aggrave l'état du malade et coûte très cher, peu importe...le médecin a sauvé son patient.
Ainsi, Lorsque son hôpital a décidé de participer au programme d'amélioration de la qualité des soins de «Institute for Healthcare Improvement», le Dr Manoj a douté du bienfait de ce programme qu'il a considéré comme un poids supplémentaire dans sa pratique.
Le principe de ce programme est d'encadrer un certain nombre d'actes médicaux par des listes de contrôle comme cela se pratique dans l'aviation. Ces listes permettent au personnel médical d'accomplir toutes les tâches nécessaires dans le bon ordre et sans oublier une seule étape. Cette systématisation de la tâche en plus de sécuriser l'acte médical,implique tous les membres de l'équipe qui deviennent partenaires et co-responsables de la qualité.En plus, ce programme exige que l'équipe fasse une rétro-action sur leur intervention pour en mesurer l'efficacité,la qualité et fournir les éléments nécessaires à d'autres amélioration si nécessaires.
En deux ans, seulement, le taux d'infection de cette unité de soins d'urgence avait diminué de 50% avec une réduction des coûts de 21% par cas.
Le Dr Manoj est maintenant convaincu de l'efficacité et de la nécessité de ces mesures. La culture de la qualité des soins doit être une obligation des hôpitaux.Elle ne peut exister si elle n'est pas assortie de données statistiques révélant le taux d'infections par unité de soin/patient-jour etc. On ne peut pas gérer ce qu'on ne connaît pas. Les patients comme les hôpitaux y trouveront leur compte.
Des chiffres qui parlent:
Les infections associées aux soins, soit à l'hôpital (on les appelle alors «nosocomiales») soit dans la communauté (à l'exterieur de l'hôpital) font chaque année plus de victimes que le cancer du sein, le sida et les accidents de la route réunis au Québec comme au Canada.
au Québec seulement chaque année:
- 1 patient sur 11 infecté soit 90 000 patients touchés (9%)
- 4000 décès
En France:
- 4,9% aux dernières statistiques de 2008
Aux Pays-Bas, en Suède
- moins de 1%
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