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MONTRÉAL- TROIS MÉDECINS SUR QUATRE NE SE LAVENT PAS LES MAINS AVANT DE TOUCHER À UN PATIENT!

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Le personnel infirmier fait bien mieux, environ 50% ! Mais ne devrait-on pas s'attendre à 100% de la part de personnel aussi éduqué et qualifié?


Une récente étude au Centre hospitalier McGill vient de révéler ces résultats désolants. Le Dr Charles Frenette, chef du contrôle des infections au CUSM, déclare que faire changer ces habitudes est très difficile. Pourtant, se laver les mains avant de le toucher peut sauver la vie à un patient! C'est bien connu depuis près de 160 ans avec les travaux du Dr Semmelweiss et de Louis Pasteur. Les pauvres doivent pleurer dans leur tombe de voir si piètres résultats. Et ces mains non désinfectées augmentent considérablement les taux d'infections nosocomiales (infections associées aux soins) avec leurs conséquences désastreuses, pour plusieurs d'entre elles, sur la santé des patients et la santé financière des hôpitaux.

Comment en est-on arrivé-là? Lacune dans la formation universitaire, négligence pour un acte trop simple dans un univers hyper technologique, surcharge de travail, laxisme des normes de gestion....

Pourtant, médecins et personnel infirmiers ne devraient pas porter seul le fardeau de cette responsabilité. Leur tâche est lourde et ils sont débordés. Si on veut que ce personnel se lave les mains régulièrement sans jamais déroger, il est indispensable de leur en donner les moyens: formation, sensibilisation, contrôles assortis de pénalités pour les récalcitrants, tout cela est nécessaire. Mais aussi la mise à la disposition du personnel de tous les moyens techniques pour leur faciliter la tâche. Les flacons de gels alcoolisé placés aux portes des chambres sont de bons signaux pour les visiteurs. Mais dans une chambre à deux ou plusieurs lits, quelle infirmière ou infirmier va ressortir de la chambre entre deux patients pour aller se désinfecter les mains? Il vaudrait bien mieux accrocher les flacons aux barreaux du lit du patient ou que chaque membre du personnel le garde sur lui dans la poche de sa blouse . En tête de châpitre, vient la responsabilité majeure de la direction générale de l'hôpital qui se doit d'assurer la prestation sécuritaire des soins aux patients.
Manque d'argent, nous disent-ils? Mais se laver les mains fait rapidement baisser le taux des infections nosocomiales coûteuses de 50% à presque 90% dans certains cas. De belles économies à faire! Certains hôpitaux comme Le Gardeur ou le CHU de Sherbrooke ont fait un excellent travail dans ce domaine et ont réussi à faire baisser le taux général des infections de 70% et ceux de C.difficile ou de SARM de 85%. A Le Gardeur, l'équipe hospitalière a accepté de porter un macaron signalant aux patients «demandez moi si je me suis lavé les mains». 
Pourquoi certains hôpitaux, pourquoi pas tous?
La sécurité des soins aux patients est la responsabilité de tous: direction des hôpitaux, personnel, patients, visiteurs, ordres professionnels, facultés de médecine.

L'organisme Agrément Canada, qui distribue les permis d'exploitation aux hôpitaux, vient de serrer la vis de ses normes. Pour recevoir ou garder leur accréditation, les hôpitaux seront désormais tenus de montrer des résultats positifs dans l'adhésion à l'hygiene des mains.
Aux USA,sous la pression des compagnies d'assurance privées comme Blue Shield ou Blue Cross, de nombreux hôpitaux ont été obligé de faire baisser leur taux d'infection nosocomiales en raison de l'augmentation excessive des coûts. L'adhésion au lavage des mains a automatiquement grimpé, assortie d'un train de mesures complémentaires indispensables comme la détection de certaines bactéries à l'admission, l'isolation des patients, le contrôle serré des antibiotiques (voir le rapport Aucoin commandé par le Ministère de la Santé en avril 2005).



Cela fait 4 ans que notre association répète le même message: lisez notre devise! l'augmentation des infections nosocomiales ou infections associées aux soins est un sérieux problème de santé publique. Se laver les mains avant de toucher à un patient reste la mesure de base la plus efficace et la plus simple. Le milieu médical doit en prendre conscience et agir. La pression du public reste nécessaire pour faire changer les mentalités: n'oublions pas! Chacun de nous est amené un jour ou l'autre à fréquenter un hôpital.

 
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