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LES UNIFORMES HOSPITALIERS: VECTEURS DES INFECTIONS NOSOCOMIALES

Le Québec est un des rares pays, où l’on rencontre du personnel soignant en tenue de travail en dehors des établissements, au mépris des règles les plus élémentaires d’hygiène et de la sécurité des patients. On sait pourtant depuis longtemps que les vêtements de travail du personnel soignant sont couramment contaminés au contact des patients infectés ou simplement colonisés par les bactéries responsables d’IN.

Déjà en 1816 le «Dictionnaire des Sciences Médicales» recommandait :


«Que les médecins attachés à des hôpitaux quittent dans l’hôpital même, les habits qu’ils portent pour faire leur visite. Cette précaution a pour objet non seulement de les garantir eux-mêmes de la contagion, mais de prévenir leur famille et les autres patients qu’ils visitent hors de l’enceinte de l’hôpital».
Aux Pays-Bas et autres pays européens, le personnel doit changer son uniforme et ses chaussures avant d’entrer dans les chambres d’isolement des patients infectés ou simplement colonisés, et avant d’être autorisés à accéder aux autres locaux de l’hôpital.

Des études américaines ont montré qu’après un contact avec un patient porteur de SARM, 65% des tenues de travail sont contaminées par la bactérie.

Une étude allemande (Journal of Hospital Infection - Mars 2005) a montré que le personnel colonisé par le SARM au contact des patients transporte la bactérie à son domicile où elle est retrouvée dans l’environnement et le reste de la famille, qui deviennent à leur tour une source de contamination.

En septembre 2006, l’Ordre des Infirmières du Québec a publié un document sur la tenue vestimentaire des infirmiers(es).
Il y est écrit ;
«Que la tenue vestimentaire joue non seulement un rôle dans la prévention et le contrôle des infections, mais qu’elle incarne l’image de marque de la profession et qu’elle influence la perception du client quant à la compétence et au professionnalisme de l’infirmière».

Les «recommandations» suivantes sont énoncées :

  • L’uniforme doit être porté seulement durant les heures de travail pour des raisons d’hygiène et dans le but de prévenir la propagation éventuelle des bactéries tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’établissement. Cela signifie clairement que l’uniforme devrait être interdit à l’intérieur de l’établissement en dehors des unités de soins, par exemple à la cafétéria. Ou encore que l’uniforme des unités à risque élevé – salles d’opération, unités de soins intensifs – ne doit pas être porté en dehors de ces unités.
  • La couleur de l’uniforme doit permettre de distinguer les différentes catégories de personnel.
  • Les cheveux longs doivent être attachés.
  • La barbe doit être couverte pendant des soins particuliers tels que la réfection des pansements.
  • Les ongles doivent être courts (5mm), sans vernis ni ongles artificiels.
  • Les bagues en tout genre doivent être proscrites.
  • Les anneaux, pendentifs et autres bijoux corporels doivent être couverts. (Ils sont généralement interdits dans les autres pays).
  • Les colliers et cordons autour du cou, les cravates sont aussi des foyers de contamination (ils devraient donc être interdits).
  • Le parfum doit être évité pour ne pas gêner le client.
  • Les chaussures doivent être solides, fermées, avec des talons plats et des semelles antidérapantes. Elles doivent être d’entretien facile, nettoyées régulièrement et exclusivement réservées au travail.
  • S’ajoutent à cela les tenues vestimentaires réservées aux unités de soins intensifs et salles d’opération.

 

Il est étonnant que ces mesures connues depuis longtemps doivent être rappelées alors que le risque infectieux nosocomial est en augmentation constante depuis 30 ans. Il suffit de visiter la salle d’exposition de l’hôpital Royal Victoria à Montréal pour voir que cette rigueur vestimentaire était de règle il n’y a pas si longtemps.

Alors pourquoi rencontre-t-on toujours le personnel en tenue de travail en dehors de l’hôpital ? Et puisqu’il s’agit de la sécurité des patients et de la prévention des IN pourquoi seulement des «recommandations».

Et pourquoi, tout simplement, ne pas exiger que les établissements fournissent et entretiennent les tenues de travail de leur personnel ? Comme cela se fait dans l’industrie agro-alimentaire, pharmaceutique ou encore électronique, toutes les industries ont compris depuis longtemps qu’elles ne peuvent se permettre, sur le seul plan économique, que leurs produits soient contaminés, ne serait-ce que par des poussières. Le coût de cette mesure pour les hôpitaux serait largement compensé par les économies générées par une prévention plus efficace.

 

Des chiffres qui parlent:

Les infections associées aux soins nosocomiales (contractées à l'hôpital) font chaque année autant de victimes que le cancer du sein, le sida et les accidents de la route réunis au Québec comme au Canada.
au Québec seulement chaque année:

  • 1 patient sur 11 infecté soit 90 000 patients touchés  (9%)
  • 4000 décès

En France:

  • 4,9% aux dernières statistiques de 2008


Au moins 50% ont évitables avec une bonne hygiène des mains.Ce serait déjà un bon début au Québec ou Canada!